Directive des services

Ces derniers temps la suppression de la licence agent de voyages fait débat. Un projet qui va de paire avec la directive européenne de libéralisation des services qui, elle aussi, a soulevé les opinions auparavant.

Revenons sur cette directive qui a échauffé les esprits et attisé les craintes…

La directive des services, ou directive Bolkestein à l’origine basée sur la stratégie de Lisbonne, se veut révolutionnaire et futuriste. Moderniser l’industrie des services et leur administration et tendre à une entente européenne nouvelle.

En effet, cette directive faciliterait de nombreuses étapes administratives souvent exhaustives, notamment dans le cadre de la création d’une entreprise où Internet pourrait jouer un rôle simplificateur; mais facilitation ne s’apparente-t-il pas à suppression ? Plutôt à réorganisation : tout le monde sait que le système administratif français est très hiérarchisé et, de ce fait, sujet à discorde et point sensible du débat.

Alors, sera-t-il question d’une révolution modernisante bousculant les mœurs ou de l’adaptation progressive de méthodes de travail différentes basées sur de nouveaux supports ? Il paraît évident que les français ne sont pas prêts à tout accepter de par leur nature et leur opposition plutôt catégorique au projet depuis le début.

Un autre enjeu de cette directive, et non des moindres, c’est la libre concurrence. Qui dit libre concurrence dit repartage du marché : des mots qui ont un goût amer et suscitent l’angoisse. Plus de concurrents, moins de clients avec la crise mais de nouvelles cibles, des tarifs compétitifs et des règles bancales. Un véritable challenge !

En effet, étant donné qu’il existe peu de lois européennes concernant les services, le débat est resté longtemps orienté sur la loi à appliquer : celle du pays d’origine ou celle du pays d’accueil. En d’autres termes : quels salaires, quelles limites ? Pour répondre à ces interrogations la directive a donc été remaniée plusieurs fois et les différents acteurs de l’Union Européenne ont eu pour but de retranscrire les exigences de leur législation respectives afin de constituer une version unique. Ce n’est pas une mince affaire quand on sait que les pays membres de l’UE sont loin d’être égaux ! La loi du pays d’origine devrait être retenue avec nuances et exceptions.

Dans l’Union Européenne, certains pays se sont préparés à accueillir cette nouvelle directive, en vigueur depuis fin décembre 2009 en France, et d’autres ont tenté de la repousser jusqu’à la dernière minute.

Même après certaines manifestations à l’encontre du projet au sein du pays, l’Institut du tourisme au Portugal a intégré la directive à ses ambitions et préparé son arrivée. Pourquoi lutter quand on sait que la directive est votée et applicable ? Mieux vaut si préparer : telle est leur philosophie.

D’autres ont, en revanche, occulté le temps de préparation alloué au projet.

Une directive porteuse d’espoir pour l’Union Européenne mais aux conséquences dangereuses.

Le débat est toujours ouvert au moins sur ce blog !

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